L'allaitement
Allaiter ou pas ? Combien de temps ? Comment gérer les coups durs ? Tellement de questions, tellement de pression aussi. Sans dogme et sans pression : ce qu'on aurait aimé savoir avant de se lancer, pour faire son choix sereinement et bien démarrer.
On respecte tous les choix, point.
Avant de commencer, un mot. Allaiter ou ne pas allaiter, c'est votre choix. Et c'est OK quel qu'il soit. On ne juge pas ici. Ce dossier n'est pas un plaidoyer pour l'allaitement, juste un partage d'infos pour celles qui veulent y aller, sereinement.
Soyons honnêtes : la pression sociale autour de l'allaitement est énorme. D'un côté, on culpabilise celles qui choisissent le biberon. De l'autre, on minimise les difficultés réelles de l'allaitement et on lâche les jeunes mamans avec deux conseils basiques. Entre les deux, beaucoup de femmes qui pleurent dans leur salle de bain.
Bref, on respire. Voici ce qu'on aurait aimé savoir avant de se lancer, ou avant de choisir le biberon en toute connaissance de cause. Pas de dogme, pas de pression, juste de l'info honnête.
Les vraies infos qu'on ne vous dit pas
Si vous décidez d'allaiter, voici ce qui va arriver, vraiment. Sans enrobage :
- Les premiers jours, c'est du colostrum. Quelques gouttes ultra-précieuses (le « premier vaccin » de bébé, riche en anticorps). Bébé n'a pas besoin de plus, son estomac est tout petit. Ne paniquez pas si vous trouvez que c'est peu
- La montée de lait arrive vers le 3ème jour. Et là… surprise ! Les seins sont énormes, durs, parfois douloureux. C'est normal et temporaire. Bébé qui tète régulièrement = soulagement
- Les premières tétées peuvent faire mal. Crevasses, mamelons sensibles, c'est fréquent les 2-3 premières semaines. La crème à la lanoline (type Purelan de Medela ou Lansinoh) sauve la vie
- Les feuilles de chou. Oui, oui, le truc de grand-mère ! Une feuille de chou vert dans le soutien-gorge, ça soulage vraiment en cas d'engorgement. À tester avant de se moquer
- L'allaitement à la demande, ce sont 8 à 12 tétées par 24 heures les premières semaines. Oui, c'est intense. Oui, c'est fatiguant. Mais ça se régule en quelques semaines
- Une consultation avec une consultante en lactation IBCLC peut tout changer. Vraiment. À envisager dès qu'il y a un souci, ne pas attendre
Le tire-lait, votre meilleur ami
Le tire-lait, on en parle ? Que vous tiriez quelques fois ou en mode tire-allaitement permanent, c'est l'objet roi du quotidien d'une maman allaitante.
- Le tire-lait électrique double est de loin le plus efficace. Medela reste la référence, location en pharmacie sur ordonnance médicale
- Les tire-laits nomades sans fil qui se glissent dans le soutien-gorge ont révolutionné le marché : on peut tirer en faisant autre chose. Le summum du multitâche !
- Le tire-allaitement (donner uniquement du lait tiré, sans tétée au sein) est tout à fait possible, mais demande de l'organisation : 8 à 12 tirages par jour les premières semaines
- Pour conserver le lait : 4h à température ambiante, 48h au frigo, 4 mois au congélateur
- À la reprise du travail, votre employeur a l'obligation (entreprise de plus de 100 salariés) de vous fournir un local pour tirer en toute intimité
Et soyons honnêtes : tirer son lait, ce n'est pas glamour, mais ça ouvre une vraie liberté. Vous pouvez sortir, faire garder bébé, et continuer l'allaitement. C'est la combinaison qui sauve beaucoup de mamans qui pensent devoir choisir.
Ce que personne ne vous dit
Voilà ce que personne ne m'avait dit, et que j'aurais voulu entendre :
- Allaiter, ça s'apprend. Ce n'est pas un instinct magique. Ni pour vous, ni pour bébé. Vous allez galérer les 2-3 premières semaines, et c'est normal
- L'allaitement n'a pas de prix moral. Vous êtes une bonne mère que vous allaitiez 1 jour, 1 mois, 1 an, ou pas du tout. C'est tout
- Si vous arrêtez, vous n'avez pas échoué. Aucune femme ne devrait pleurer dans sa salle de bain à cause d'un mot du genre « j'ai abandonné »
- L'allaitement mixte existe et c'est génial. Sein le matin, biberon en journée, sein le soir, ce que vous voulez
- Le co-parent peut totalement participer. Donner le lait tiré au biberon, masser, soutenir, faire le reste : on n'allaite pas seule, on allaite en équipe
- L'allaitement n'empêche pas la sexualité. Oui, on en parle. La libido peut être un peu en berne (les hormones), mais ce n'est ni systématique ni définitif
- Le sevrage, c'est progressif. Pas du jour au lendemain, vous risqueriez un engorgement. On baisse une tétée tous les 3-4 jours, c'est l'idéal
Et un dernier truc, le plus important pour moi : écoutez-vous. Si vous voulez allaiter, foncez et faites-vous accompagner. Si vous ne voulez pas, assumez sans culpabilité. Si vous voulez essayer et arrêter, c'est OK aussi. C'est votre corps, votre bébé, votre choix.
Vers qui se tourner en cas de besoin
Si vous avez des questions, des doutes, ou que ça coince, voilà à qui demander :
- La consultante en lactation IBCLC est la référence absolue. Pour trouver une professionnelle près de chez vous, l'association française des consultants en lactation tient un annuaire
- La sage-femme libérale qui assure votre suivi post-natal peut beaucoup vous aider, c'est même son rôle
- La Leche League France, association de soutien à l'allaitement, propose des réunions, du conseil par téléphone, et une ligne d'écoute
- Les groupes de jeunes mamans dans votre quartier, magique pour échanger, déculpabiliser, partager les bons plans
- Et bien sûr, vos amies qui ont allaité. Demandez sans complexe, elles seront ravies de partager leur vécu
Petit rappel important : ne restez pas seule en cas de doute. La plupart des problèmes d'allaitement se règlent très vite avec une bonne pro. Une mauvaise position de tétée, une succion inefficace, ça se corrige en une consultation.
Allaiter ou pas, c'est votre choix. Mais quel que soit ce choix, vous êtes une mère formidable qui fait au mieux pour son bébé. Et ça, personne ne peut vous le retirer. Faites-vous confiance, écoutez-vous, et tout ira bien !